PROGRAMME 2015

TELECHARGER EN PDF

PROGRAMME MAJULI STRASBOURG 2015

Les Moines Danseurs de Majuli
Sattriya, art sacré de l’Assam, Inde du nord-est
Festival « Sacrées Journées » de Strasbourg – 2015

RAS LEELA 2015
Conception & direction Bhabananda Barbayan
Avec le groupe Satraranga

Conçu pour célébrer le festival de la Ras Leela qui a lieu en novembre, ce nouveau spectacle des moines danseurs de Majuli s’inscrit dans la tradition pure de la danse classique Sattriya. Les danses et les chants seront exclusivement consacrés au dieu Krishna. Ras Leela 2015 sera joué au monastère au retour de Strasbourg, juste à temps pour le début du festival en Inde. En Assam et tout particulièrement à Majuli, c’est l’événement le plus important de l’année. Durant trois jours, l’île devient un lieu de pèlerinage religieux et culturel. Les épisodes de la vie de Krishna sont représentés jour et nuit dans tous les monastères et les villages.

DR (2)

PROGRAMME

I- PRASTAVANA 5’
Prélude pour inaugurer la scène avant toute représentation, le Prastavana invoque l’ultime réalité du créateur, conservateur et destructeur des créatures individuelles. Le rituel de l’éclairage de la lampe résonne au son d’un air de flûte d’inspiration divine. Les danseurs préparent leur corps et leur esprit à un état d’équilibre propre à offrir leur dévotion au seigneur. Les mouvements appropriés du corps sont appelés les Mati Akhara (technique de yoga de la danse Sattriya).
Lampe: Gobinda Kalita, flûte: Niranja Saikia, chant: Upen Bora, danse: Bhabananda Barbayan, Mukunda Saikia & Baburam Saikia /ou Dipak Baruah.

II-OJAPALI / NRISHIMHA LEELA 8’
« L’enfant Prahlad est un ami et grand dévot de Krishna, il a pour père un démon qui lui fait subir les pires atrocités. Le seigneur Krishna est contraint d’apparaître en personne afin de sauver son ami Prahlad de l’emprise de ce diable paternel. Le problème est que le monstre a reçu une faveur de Brahma (le dieu créateur) et ne peut être tué ni par un homme, ni par un dieu, ni par un animal ; ni à l’extérieur, ni à l’intérieur ; ni au sol, ni en l’air ; ni le jour, ni la nuit. Fort de ce sortilège qui le rend invincible, le père de Prahlad devient incontrôlable et son agressivité n’a plus de limite. Il se prend pour l’égal du Seigneur suprême et ira jusqu’à tenter de tuer son propre fils, Prahlad qui est pourtant un ami fidèle et un irréprochable adorateur de Dieu. Afin de contourner le sortilège, Krishna prend la forme effrayante d’un être ni homme ni lion, mais mi-homme mi-lion appelée Narasimha. Il n’est ainsi plus un humain, plus un dieu, plus un animal. Pour tuer le démon, Narasimha/Krishna le saisit au seuil d’une porte : ni à l’intérieur, ni à l’extérieur ; il attend le crépuscule : ni le jour ni la nuit ; il l’achève en le maintenant sur son genou : ni au sol, ni en l’air. Il finit par l’étriper et par s’enrouler les viscères autour du cou. C’est ainsi que Krishna libère son fidèle ami de son terrible sort. »
Ojapali est un orchestre traditionnel d’Assam constitué d’éléments dramatiques dont on trouve la trace en 200 av. J.-C. et qui se réfère au ‘Natyasastra’, le grand traité antique de la danse et du théâtre. Le ‘Oja’ (meneur) est placé au centre, le ‘Pali’ (chœur de danseurs) l’encercle et l’accompagne. Le ‘Oja’ raconte une histoire par le chant et la danse avec l’aide de rythmes, d’airs et de strophes. Le ‘Pali’ accompagne le ‘Oja’. Cette danse est commune à tous les sattras (monastères) de l’Assam.
Oja: Niranjan Saikia, pali: Bhabananda Barbayan, Mukunda Saikia, Upen Bora, Gobinda Kalita

III- LILAMALA 10’
Lilamala raconte les jeux divins de Krishna avec ses amies vachères et la perte de ses ornements. Radha, l’amoureuse de Krishna, part puiser de l’eau à la rivière. Sur la berge des baigneurs, elle trouve Krishna allongé et profondément endormi. De peur qu’on vole le collier qui orne le cou de Krishna, elle le retire et s’empresse de le remettre à la mère de Krishna. Le soir venu, alors que Krishna rentre à la maison, sa mère s’enquiert du collier. Il répond que pendant qu’il jouait avec ses amis, une fille nommée Radha l’a volé en l’arrachant de son cou. Radha qui se tient dans la cour a honte de ces accusations, la mère s’empresse donc de ressortir le collier afin de la disculper de ces calomnies.
Danse: Bhabananda Barbayan, Mukunda Bayan, Baburam Saikia/ou Dipak Baruah, chant: Upen Bora, flûte: Niranjan Saikia

IV- GAYAN BAYAN 7’
Bénédiction de l’espace scénique en tant que lieu sacré. Les interprètes y sont à la fois chanteurs, danseurs et instrumentistes. Le Gayan correspond au tal (cymbales), le Bayan au khol (tambour). L’objectif principal est l’invocation du Seigneur en tant que puissance éternelle de ce monde.
Khol: Bhabananda Barbayan, Niranjan Saikia, Gobinda Kalita, tal: Upen Bora, Mukunda Saikia /ou Dipak Baruah

ARTISTES
Bhabananda Barbayan, Niranjan Saikia, Mokunda Saikia, Upen Bora, Gobinda Kalita, Baburam Saikia/ou Dipak Baruah

Les moines de l’île de Majuli pratiquent le Sattriya, art sacré classé parmi les huit principales danses classiques de l’Inde. Outre leurs tournées fréquentes dans toute l’Asie, ils ont régulièrement été accueillis depuis 2008 par les musées du quai Branly et Guimet ou le centre Mandapa à Paris, les Orientales à Saint Florent-le-Vieil et Evora (Portugal), le festival des 5 continents de Martigny(Suisse), l’abbaye de Sylvanès, etc…
Moine, enseignant, théoricien et artiste charismatique, Bhabananda Barbayan s’est produit en public dès l’âge de huit ans, il est l’un des plus primés dans sa discipline. Il enseigne le Sattriya en France (Arta / Théâtre du Soleil, Université Paris 8 et en province). Il est Adhyapak (maître de danse) au sein des monastères et dans divers instituts en Inde. Il a créé la « Sattriya Dance Acadeemy » à Delhi en 2003. Héritier et passeur d’une tradition ininterrompue depuis le 16ème siècle, il guide au-delà des frontières les Moines Danseurs de Majuli, la meilleure troupe de Sattriya actuelle.

REPERES

La région de l’extrême nord-est de l’Inde est géographiquement séparée du reste du pays. Elle estfrontalière avec la Chine, le Bangladesh, le Bhoutan et la Birmanie. L’Assam en est l’état principal. Majuli est la plus grande île fluviale au monde malgré les dégâts causés par les crues du fleuve Brahmapoutre. C’est le berceau de la culture Sattriya et des tribus mishings. La dénomination Sattriya est issue du terme sattra qui désigne les monastères néo-vishnouites au sein desquels cet héritage se transmet. Il existe actuellement plus de six cents sattras en Assam dont vingt sur l’île de Majuli. La tradition veut que l’on confie au sattra un de ses enfants masculins âgé de trois à cinq ans afin qu’il se consacre à l’art et la culture en tant que moine célibataire jusqu’à lafin de sa vie. Les fonctions fondamentales du sattra sont la promotion de la foi par l’enseignement religieux et les rituels dévotionnels, le maintien de bonnes relations au sein de la fraternité, le développement de la spiritualité par la danse, le théâtre et la musique à parts égales avec l’artisanat, l’élevage et l’agriculture. Depuis le 19ème siècle, l’art Sattriya s’est émancipé au-delà des limites des sattras, il est maintenant reconnu et pratiqué par de nombreux laïcs, en Inde et à l’étranger. Cependant, seuls les moines en ont gardé le sens rituel d’origine, défini il y a environ cinq cents ans.
Le Sattriya compte parmi les huit danses classiques principales de l’Inde. Il a été créé par le maître Srimanta Sankardeva (1449-1568) qui naquit à une époque de grands troubles politiques, sociaux et moraux, et fonda le néo-vishnouisme. Parcourant l’Inde pendant douze ans, il lança le mouvement de la Bhakti (dévotion spirituelle), exclusivement dédié au Seigneur Krishna en tant qu’être suprême et fondé sur l’amour pour toutes les créatures. Défendant notamment l’abolition des castes, Sankardeva professait : «N’aie jamais de rancune envers d’autres peuples ou religions, maintiens un état d’esprit constructif dans le respect de toutes les religions.» Sankardeva fait désormais partie intégrante de l’histoire de la pensée indienne et a laissé en Assam des marques significatives dans tous les champs de la société contemporaine : agriculture, artisanat, économie, politique, sociologie, philosophie, littérature, langage, musique, danse, architecture, beaux-arts…

PRODUCTION ET COORDINATION

logo-arts-nomades
Pierre-Alain Baud artsnomades@yahoo.fr

Mathias Coulange mathiascoulange@yahoo.fr

%d blogueurs aiment cette page :